vendredi 29 avril 2016

Jean de Sperati suite.



Le polar philatélique des “faux-vrais” timbres d’Aix-les-Bains ou la vie extraordinaire du copiste génial.

Suivant l’article du : http://www.ledauphine.com publié le Publié le 23/07/2010.

Au début des années 50, au terme d’un retentissant procès à Paris, Jean de Sperati a été condamné pour cela. Faussaire ? Jamais ! Le génial copiste d’Aix-les-Bains s’est emporté toute sa vie contre ce sceau qu’ont voulu apposer sur lui les experts de la philatélie et la justice. Artiste, imposteur ? Il y a quand même eu ambiguïté. Jean de Sperati copiait des timbres avec une telle exactitude qu’ils passaient pour des vrais. Il a toujours soutenu, pourtant, qu’il les diffusait comme des faux. Des copies d’une qualité telle que l’homme est encore mondialement connu dans le Landerneau des collectionneurs de timbres. 
Certains de ses faux valent plus que des vrais… Et qu’il reste même, post-mortem, répertorié dans l’Encyclopedia Universalis pour son talent.
L’ingénieur chimiste italien, installé dans sa villa “Clair de Lune”, au cœur de la cité thermale des années trente, a défrayé la chronique de l’avant et de l’après-guerre. Il a alimenté polémique sur polémique en revendiquant le droit d’exercer sa “philatélie d’art” (la copie) en toute légalité. Intransigeant, personnage de caractère et d’emportements, haut en couleur, les quotidiens, les magazines, les gazettes spécialisées se le sont arraché. Jusqu’à Paris-Match qui titrait : “il fabrique depuis dix ans une collection de timbres faux qu’il aurait pu vendre 300 millions de francs comme authentiques”… Jean de Sperati avait un double don. Révélé très tôt. Lui-même racontait qu’enfant, en Italie, il copiait déjà les “bons points” de la maîtresse pour ses copains. 
Et très tôt, aussi, il s’était passionné pour la philatélie à partir d’une collection offerte par son parrain, le prince Colonna. À sa fille, Yvonne, pour ses 28 ans, Jean de Sperati devait léguer un recueil complet de son œuvre : 235 de ses copies regroupées dans un album vert dédicacé. Un ensemble d’une valeur proche des 100 000 €.
Un trésor précieux, en sentiment et en prix, volé à l’automne 1967 dans la villa “Clair de Lune” par des cambioleurs très, très avisés et extrêmement sélectifs.
Et c’est là que Jean de Sperati a refait encore la Une, il y a quelques années. D’une manière absolument inimaginable, 35 ans après le vol, la collection fut retrouvée, par hasard, par un ami d’Yvonne Pochard - de Sperati, en 2002, intacte, à la veille de sa mise aux enchères à New-York. Le procureur de la République de Chambéry, alors Jacques Pin, le capitaine de police Jean-Philippe Casano, de la PJ, et l’office central du trafic des œuvres d’art parvinrent à faire diplomatiquement pression et, en mai 2003, Yvonne Pochard - de Sperati retrouva, avec un bonheur inespéré, le plus précieux souvenir légué par son incroyable père.
Quels types de timbres Jean de Sperati a-t-il contrefaits ?
Impossible de savoir avec précision tous les timbres falsifiés par Sperati lui-même n'en ayant pas gardé la comptabilité. Cependant, il est certain que de très nombreuses fortes valeurs de timbres classiques, notamment européens, sont concernés. Plus précisément, il semblerait que Sperati n'ait commencé à reproduire des timbres français qu'à partir des années 1940, sans doute en raison de la difficulté d'écouler à l'étranger sa production, en raison du contrôle des frontières pendant la guerre, et donc de la nécessité de se tourner vers le marché intérieur. Parmi les pièces bien connues des experts, on peut noter des Cérès 15c Vert (n°2 YT), Empire 1F Carmin (n°18 YT), Empire lauré 5F violet-gris (n°33 YT) et même des pièces moins rares, comme des Cérès 10c bistre-jaune oblitérés (n°1 YT).

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