dimanche 10 avril 2016

Emission provisoire des timbres de chemin de fer 1915



Toujours lors de l’installation du gouvernement Belge à Sainte-Adresse, voir articles précédents.
Dans le courant de 1915, le gouvernement fut informé de ce que les Allemands avaient volé tout le stock des timbres de chemin de fer et vendaient ceux-ci à un prix dérisoire, 0,50 Fr à 1 Fr la série, alors que la faciale s’élevait à 31,90 Fr (voir série ci-dessous).
 

Des séries étant arrivées en France, via la Suisse, une mesure s’imposait pour éviter que les timbres ne fussent utilisés dans les bureaux restés ouverts en Belgique non envahie.
Défense fut faite d’admettre comme affranchissement les timbres qui n’avaient pas été vendus par les bureaux de postes eux-mêmes et une nouvelle série fut commandée en Angleterre à la maison Waterlow.
Cette série devait être livrée fin décembre 1915.
Or au mois de juin, le bureau d’Adinkerke, chargé d’approvisionner les autres bureaux, était complètement dépourvu de timbres.
Que faire ? Le gouvernement décida, en attendant les nouveaux timbres, d’utiliser des timbres-postes surchargés d’une roue ailée avec la double inscription « CHEMIN DE FER – SPOORWEGEN » et un arrêté ministériel du 22 juin 1915 annonça cette émission provisoire.
Un cachet provisoire fut commandé à un graveur de Paris, mais il livra un cachet creux qui, après quelques essais fut rebouté et remplacé par un cachet de cuivre en relief.
C’est au moyen de ce cachet que fut apposée la surcharge sur les timbres qui furent envoyés à Adinkerke, pour être répartis entre les bureaux restés ouverts dans la partie de la Belgique libre.

Mais quelques jours après, un fonctionnaire en tournée ayant appris que le comptable du bureau de Ypres était détenteur de toute une réserve de timbres de l’ancien type qu’il avait enfouie dans son jardin, lors de l’arrivée des Allemands, et déterrée après la reprise de la ville par les Anglais, donna l’ordre à ce comptable d’expédier ces timbres à Adinkerke pour les utiliser.
Les timbres provisoires avec surcharge « roue ailée » furent mis de côté.
Cependant, une division de l’armée française, comprenant notamment un régiment de zouaves qui expédiait de nombreux colis postaux, ayant été dirigée sur un autre secteur, l’envoi des colis de l’espèce diminuait fortement.
D’un autre côté, l’Angleterre avait fait suspendre l’expédition des colis postaux, parce que des matières explosives avaient été trouvées dans certains colis.
Et il arriva qu’au mois de décembre 1915 lorsque les nouveaux timbres, imprimés par la maison Waterlow, parurent à Adinkerke, le stock de l’ancien bureau de Ypres était loin d’être épuisé.
Le restant fut renvoyé avec les timbres provisoires à l’administration du Havre et incinéré quelques jours après, de même que tous les timbres-poste de 1912 qui n’avaient plus cours depuis le 15 octobre précédent, en présence d’une commission.

Pour compléter les émissions de timbres à Saint-Adresse, reste l’émission Croix-Rouge du 15 janvier 1918. Vendus à la poste belge avec une surtaxe égale à la valeur d’affranchissement, ces timbres eurent à Sainte-Adresse un énorme succès, et celui-ci s’est confirmé dès la réouverture des bureaux de poste en Belgique.


Merci Olivier pour la diffusion gratuite de vos études de faux timbres belges que l’on peut retrouver sur votre blog : ICI

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